3 mai 2011 - Assises du livre et de la lecture - Poser la problématique du livre et de la lecture publique
Ceux qui s'attendaient à des propositions concrètes sur la vision qui devrait commander la chaine du livre en Haïti n'en sont point restés sur leur faim. Des perspectives issues de discussions passionnantes ont été dégagées lors des deux journées de réflexions organisées par la Direction Nationale du Livre (DNL) les 29 et 30 avril derniers à Xaragua Hôtel (Montrouis). Libraires, éditeurs, écrivains, bibliothécaires, imprimeurs, opérateurs culturels nationaux et internationaux, loin de partir en vents dispersés ont tenté de cerner dans un dessein d'ensemble la problématique du livre et de la lecture publique. Ils ont ainsi plaidé la cause du secteur qui, selon eux, a tant besoin d'un cadre réglémentaire. Ils ont convenu de la nécessité d'élaborer et d'implémenter une politique nationale du livre visant la décentralisation des structures d'animation culturelle, de lecture publique et le développement de la culture.
"Développer une structure prospective de mécénat au bénéfice du livre et de la lecture publique; créer avec le Ministère de l'Education Nationale un programme d'éducation artistique et culturelle pour faire découvrir à la population la lecture publique et le patrimoine écrit haïtien; mettre en place un groupe pluridisciplinaire d'intérêt scientifique pour la mutation vers les technologies du numérique", telles ont été, entre autres, les principales propositions faites par les différents acteurs de la chaine du livre ayant pris part activement aux ateliers de réflexions organisés par la DNL. Axe majeur du développement de la culture, le livre est trop longtemps resté à Port-au-Prince sans atteindre véritablement la province. Il faut le démocratiser en créant et en multipliant les espaces où cet outil serait accessible à tous, afin de faciliter le dialogue intégral entre les Haïtiens sans exception ni exclusive. Déjà, en 1940, l'Etat haïtien a créé la Bibliothèque Nationale qui s'occupe de la lecture publique. Plus d'une centaine de structures du même genre sont répertoriées aujourd'hui à travers le pays, mais elles ne répondent pour la plupart à aucune norme de modernité. 26 seulement relèvent de l'Etat. Autres maillons non moins importants de la chaine du livre: les maisons d'édition. On en compte moins d'une dizaine en Haïti. Plus d'une centaine de librairies bien achalandées fonctionnent. Mais la qualité du service offert par nombre d'entre elles laisse à désirer, au point que de grands travaux d'impression du pays sont réalisés en République voisine. Selon la première institution nationale chargée de proposer et d'opérationnaliser une vraie politique de l'Etat en matière du livre et de la lecture, il n y a aucune trace de l'existence d'un document de politique du livre et de la lecture publique élaboré jusqu'à date par l'Etat. Hormis les actes du colloque sur le livre réalisé par le Ministère de la Culture (MC) en avril 2000. Malgré l'augmentation croissante, notamment au niveau des villes de province, de la demande pour le livre et la lecture. Ces demandes se sont accrues dans les années 2000 avec la création de dix (10) centres de lecture et d'animation culturelle (CLAC) à l'initiative du MC avec l'appui de l'OIF (Organisation internationale de la Francophonie) et des initiatives du secteur privé dont la FOKAL (Fondasyon Konesans ak Libète) de soutenir la création de nouvelles petites bibliothèques publiques. Lire la suite sur le site du Nouvelliste... Lire également le très bon article de Jean Emmanuel Jacquet du Matin |
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